Mathieu Drouet est un photographe français basé entre Lille et Valencià.
Si le choix de ses sujets est souvent le fruit de ses rencontres et voyages, il construit ses projets avec précision pour un résultat en équilibre sur le fil ténu entre instinct et réflexion. La mémoire, l'histoire et la transmission — notamment familiale — sont des fils conducteurs de son travail. Parmi ses influences principales se trouvent Nan Goldin, Alec Soth, Stephen Shore ou encore Joel-Peter Witkin.
Après avoir commencé la photographie en 1989 avec l'appareil photo de son grand-père, il approfondit sa pratique à la faveur d'une option proposée par le lycée agricole où il entre en 1992. Il reproduit alors le style de photographes qu'il apprécie, comme les noirs et blancs contrastés d'Anton Corbijn, qu'il rapproche dans leur esthétique de l'univers du fanzine.
L'année suivante, au lycée Guy Mollet d'Arras, il prend en charge le laboratoire photo qui lui donne accès à du matériel, mais aussi à des opportunités de réaliser des portraits de figures venues en visite dans l'établissement, comme Annie Ernaux et Moebius.
En 1993, alors qu'il documente déjà la scène rock locale, il réalise des photos de concerts à la demande du programmateur de la MJC du Pharos à Arras puis du Grand Mix.
En 1997, il entre à l'Institut Saint-Luc (Tournai). S'il décide de quitter l'école au bout d'un an, il s'y approprie le travail de photographes qui l'influencent encore aujourd'hui.
Après une interruption de quelques années, Mathieu Drouet revient à la photographie à la fin des années 2000. Il fonde alors avec un ami une agence spécialisée dans le vin et la musique, devient responsable de la production photo du Festival de Dour et continue à collaborer avec des artistes pour leurs portfolios et pochettes d'albums. C'est à cette époque intense en production qu'émergent des projets plus personnels, comme De Peur que nous oubliions, développé au fil d'aller-retour entre Lille et Terre-Neuve. En 2015, Mathieu Drouet quitte Lille pour s'installer avec sa compagne à Valencià, et l'Espagne apporte un nouveau souffle à son travail, comme dans les séries First Meeting ou In Fiction.
Au fil des années, il enseigne à l'ESJ, en école de communication, à l'Université Lille 3, à l'Institut Catholique de Lille dans le cadre des cours d'éducation populaire. Au-delà d'artistes indépendants comme Xavier Brisoux, il a collaboré avec Arte, Telerama, Radio France, ou encore le Festival de Dour.